Lundi 7 Juillet 2008
Une nouvelle histoire
Encore des heures de temps devant moi qui m'ont donné envie d'écrire un peu.... c'est pas mon talent principal (vous le verrez) alors ne vous attendez pas à une histoire fabuleuse à la hauteur du Petit Cactus ;-)
Ne me demandez pas la suite, elle n'est pas écrite. Le titre n'est pas trouvé non plus du coup. Ca viendra au fur et à mesure, promis !
Bonne lecture !
* * *
Chapitre I
Le jour se lève à peine ; le chant des grillons semble n’avoir jamais cessé. Quelques oiseaux virevoltent ça et là, gazouillant joyeusement comme pour tirer le monde de son sommeil. Le ciel est clair. La journée s’annonce belle et chaude, comme il en est de coutume depuis plus d’un mois dans cette partie aride de la France. La Méditerranée, que le Mistral vient réveiller légèrement, accueille quelques nageurs désireux de goûter à sa fraîcheur matinale. Le port se prépare à voir revenir ses pêcheurs, travailleurs nocturnes indispensables à la vie du village. Car dans peu de temps aura lieu la criée, réunissant quotidiennement quelques touristes curieux et de nombreux restaurateurs venus sélectionner les meilleurs poissons qu’ils proposeront ensuite à leur clientèle. Dans les marais qui parsèment la région, quelques flamants roses étirent leurs longues ailes et plongent leur bec dans les eaux salées, en quête de nourriture. Les chevaux se font encore discrets aux yeux des premiers promeneurs. Peu leur importent certainement. Tout au long de la journée, ils seront longuement mis à contribution de touristes apprentis cavaliers désireux de s’offrir une de ces ballades si caractéristiques de la région.
Il y bien longtemps que ce cadre idyllique, formaté pour les amoureux en quête de romantisme, n’impressionne plus Lucas. Ce jeune homme de 32 ans habite la Camargue depuis son plus jeune âge. Son père, Guardian de génération et très attaché à sa terre natale, voulait s’éteindre dans sa région et nulle part ailleurs. Son vœu fut exaucé, quoique précocément. Depuis sa disparition il y a de cela deux ans, des suites d’une tumeur au cerveau, Lucas vit avec sa mère, Rosa. A son âge, bien des amis l’ont encouragé à se dénicher une petite maison sur les rives camarguaises pour y démarrer une vie de couple avec Aline. Mais il s’y refuse fermement, prétextant qu'il ne veut pas laisser sa mère seule. Au fond de lui, s'engager avec une femme le fait frémir. Attaché à sa liberté et ses habitudes de vieux garçon, il craint d'ouvrir les portes d'une vie à deux, de peur qu'elle prenne des allures d'emprisonnement. Aline montre des signes d'impatience. "Je veux me marier avant de devenir une vieille fille... on ne vit même pas ensemble..." martèle-elle souvent. Lucas fait la sourde oreille. Il la prend dans ses bras, caresse ses cheveux noirs et l'embrasse dans le cou pour détourner son attention, subterfuge des plus efficaces pour éviter ce sujet récurrent autant qu'exaspérant. Certains jours pourtant, il se résigne à envisager un emménagement. "Ca lui ferait tellement plaisir" se dit-il. Il ferme les yeux et s'imagine sur les bords du Petit Rhône, son endroit favori, dans une petite cahutte avec son épouse Aline. Son épouse. Ces mots le font frissonner. Il persévère quelques instants dans sa rêverie, dans l'espoir de s'en convaincre, mais à la seule pensée que la cohabitation puisse mal se passer, il abandonne. Il campe alors toujours plus fermement sur ses positions. "Je vis tranquille ça n'est pas prêt de changer" !
Le jour est bien levé à présent. Les portes des maisons s'ouvrent, les cris des enfants emplissent les rues, les premiers vacanciers s'accaparent leurs mètres carrés de plage pour la journée. Le village des Saintes-Maries-de-la-Mer sort de sa torpeur. Au centre du village, les boutiques ouvrent une à une, étalant cartes postales, nappes aux couleurs chaudes et porcelaines diverses aux yeux des premiers passants.
Lucas est déjà éveillé depuis quelques heures. Il aime marcher tôt dans la nature, savourer le calme et la douceur de la nuit, distinguer les premiers cris des oiseaux. L'agitation permanente durant la journée le rend nerveux. Il ne peut y échapper totalement pourtant. Passionné de bateaux, Lucas a rapidement appris les ficelles du métier de marin. Aujourd'hui, il travaille pour une compagnie de navigation qui emmène quotidiennement quelques dizaines de passagers découvrir les côtes camarguaises. Chaque jour, il pilote son navire hors du port et remonte le Petit Rhône. Hérons cendrés et flamants rose ne sont même pas surpris de le voir arriver. Il s'arrête ensuite quelques instants pour que les touristes jouissent de l'attraction majeure de la ballade : chevaux et taureaux camarguais se pressent tout au bord des rives. Les touristes sortent souvent emballés de la promenade et laissent volontiers quelques pièces au marin les aidant à quitter le bateau une fois de retour au port. Pour Lucas, les ballades se suivent et se ressemblent. Tant de fois, il aurait aimé changer le sens de la ballade, virer à gauche toute pour partir en pleine mer, affronter le tumulte des vagues. Il se rappelait alors avec nostalgie les sensations intenses qu'il avait éprouvées lorsqu'il partait en mer avec son père. Après sa disparition, ils avaient vendu leur bateau et Lucas savait qu'il devrait désormais compter sur ses seuls souvenirs.
En ce chaud mois de juillet, Lucas enchaîne les ballades. Le bateau ne désemplit pas. Aujourd'hui, aucun nuage ne semble oser s'approcher du soleil. Il règne en maître et distribue généreusement ses rayons, au grand dam des mamans galopant après leurs enfants pour les tartiner de crème solaire. Lucas essuie les grosses gouttes de sueur qui perlent sur son front. 13h50. Nouveau départ dans dix minutes. Juste le temps d'avaler un sandwich, de croquer dans une pomme et il reprend les commandes.
Alors qu'il s'apprête à mettre le moteur en marche, quelqu'un surgit derrière lui et l'attrape par la manche.
C'est Giorgio, un collègue restant à terre pour distribuer les billets aux prochains visiteurs. Il regarde fixement Lucas, les yeux habités d'inquiétude : "On ne part pas".
A SUIVRE....
Par Crys, Lundi 7 Juillet 2008 à 19:07 GMT+2 dans Les mots de l'auteure
alors voici un petit bout supplémentaire ! 












